Partagez | 
 

 Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Mar 13 Déc - 8:03

(hj : Lys chéri, me feras-tu l'adorable plaisir, quand tu auras le temps, de placer ce sujet dans un sous-forum "Escaliers" ? ♥)


Katelynn était recroquevillée sur la marche la plus haute des escaliers, repliée sur elle-même, en boule, comme si elle avait voulu se faire la plus petite possible. Ce qui, bien entendu, connaissant Katelynn, était hautement improbable. Le jour où elle voudrait se faire toute petite... il neigerait de la barbe à papa. Hautement improbable vous dis-je...


En fait, tout ça, c'était à cause de la douleur. Cette douleur qu'elle ressentait, dans son cou, depuis la veille. Ô, comme elle avait bien caché son jeu en cours, et encore le soir-même, dans son dortoir, devant ses camarades. Elle jouait la brave, mais.... mais ce n'était pas si facile que ça. Et aujourd'hui, pire encore.
Insidieuse, rampante. Déconcertante.
Elle avait essayé de comprendre cette douleur, en fait, elle n'avait fait que ça pendant les quatre heures de cours de la matinée -elle n'avait donc rien écouté aux paroles des professeurs-, et en était toujours au même point : ce n'était pas une douleur articulaire, ou musculaire, du moins le pensait-elle, parce que son cou bougeait bien. Non, c'était une douleur étrange -et dieu sait qu'elle avait l'habitude de l'étrange depuis 5 ans, et que ce terme voulait vraiment dire quelque chose pour elle-, une douleur constante, qui l'occupait toute entière, sinuait dans sa nuque. Affreuse douleur. Détestable douleur.


Elle faisait donc de son mieux pour ne pas trop bouger, et pour garder son calme, exploit absolu. Elle se répétait constamment "Je n'ai pas mal, c'est une illusion". Bien présente, comme illusion. Mais comme Katelynn l'avait toujours pensé, tout est dans la tête.
Elle en avait même perdu le contrôle sur elle-même, ce qui expliquait son apparence aléatoire des dix dernières minutes : elle ne cessait de passer de son apparence aux cheveux roses à son apparence normale, sans arriver à se stabiliser. Sous l'une ou l'autre des formes, la douleur était la même.

Mais à la différence de tout ce qu'on aurait pu croire, ce qui horrifiait la jeune fille plus que tout, c'est qu'on puisse la voir aussi faible. Elle, Katelynn, qui avait juré depuis son arrivée de toujours sembler forte, parfaite, etc..., elle était actuellement dans la situation la plus délicate qu'elle ait eu à gérer à Iesfira. Maudite fierté mal placée ! Jamais une guerrière comme elle ne montrerait quelque chose d'aussi.... ridicule que cette petite douleur. Oui, elle était orgueilleuse. Au moins, elle ne laissait pas n'importe qui l'approcher, elle ne se mélangeait pas avec tout le monde, juste avec ceux qu'elle appréciait -ou jugeait utiles...


Mais même ces pensées n'arrivaient pas à l'aider à oublier les sensations désagréables dans son cou. Il allait pourtant falloir qu'elle se reprenne, parce que vu comme c'était partit, ça n'était pas près de s'arrêter.... Elle se crispa, serra les poings, et toujours recroquevillée, marmonna encore pour elle-même:

-Nom d'un chien, Katelynn, tu es plus forte que ça, reprend toi, voyons ! Tu n'as pas mal, ce n'est qu'une illusion !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Dim 18 Déc - 2:13

Tu avais très envie d'aller de te coucher, de terminer cette journée de la façon la plus monotone possible comme tu savais si bien le faire, pourtant tu t'es arrêté en bas des escaliers.

Zero il avait donné ses cours les heures durant, il avait abandonné l'idée de calmer ses classes qui rejetaient avec malice son autorité inexistante, il avait rendu des copies en évitant la sévérité mais ne pouvant l'empêcher, il avait tenté de donner quelques exercices à faire à des élèves qui, visiblement, refusaient catégoriquement de l'écouter en fin de journée. Ils étaient sortis en trombe et l'avaient laissé seul face au silence et face à lui-même qui ne se trouvait pas être d'une grande compagnie. Il avait rangé ses affaires, positionné correctement sa chaise et éteint la lumière avant de fermer la porte à clé.

Et la journée était passée. Toi, Zero, tu n'avais rien fait et n'aspirais qu'à aller te coucher. Tu n'avais pas désiré remarquer le ciel sombre qui pesait sur tes épaules, tu n'avais pas relevé la tête en marchant dans le couloir, tu n'avais réussi qu'à bafouiller un semblant de salutations minables à ta jolie collègue qui s'était présentée à toi. Tu ne trouvais plus désagréable de porter ta veste sous le bras, de garder cette cravate marron qui te comprimait la gorge et de ne pas enlever cette chemise blanche dans ton pantalon qui te rendait encore plus vieux que tu ne l'étais déjà. Zero d'ordinaire il ne se serait jamais arrêté dans ce couloir, sa gorge se serrait serrée à la vue d'un évènement inhabituel et il aurait tracé sa route, faible et lâche, effrayé à l'idée d'affronter quelque chose de nouveau et de différent. Sa vie n'en aurait été qu'encore plus chiante qu'elle ne l'était déjà. Mais il y avait cette fille aux humeurs changeantes qui poussait des soupirs de douleur non loin de là.

Tu l'avais entendue, Zero, tu savais qu'elle était là. Et alors qu'une infime pulsion en toi te disait de partir sans te retourner, tu avais grimpé les marches avec ton éternel visage impassible et calme au possible. Une main accrochée à ton manteau et l'autre qui gardait ton sac posé sur ton épaule. Tu regardais sa silhouette devenir plus imposante alors que tu arrivais silencieusement de ta démarche lente et mal assurée. Son apparence changeait à chacun de tes pas, tu ne savais pas quoi penser, ta tête était vide, et tu n'aspirais qu'à une chose : aller te coucher.

    « Nom d'un chien, Katelynn, tu es plus forte que ça, reprend toi, voyons ! Tu n'as pas mal, ce n'est qu'une illusion ! »

    « Une illusion ? »

Répéta-t-il sans se poser plus de question que cela, l'observant d'un air vague, une légère expression d'inquiétude transcendant son visage. Maintenant il ne pouvait plus tracer sa route et rentrer chez lui, maintenant il devait rester, n'est-ce pas ? Quitte à dégouliner d'inutilité sur quelqu'un, ce serait toujours mieux qu'un programme Journal télévisé/Plateau Repas/Sommeil non réparateur. Avalant sa salive - de part son incapacité à dire quoi que ce soit d'intéressant -, il hésitait entre s'assoir à côté d'elle, l'emmener à l'infirmerie ou l'aider par ses propres moyens. Moyens qui se trouvaient particulièrement aléatoires - et restaient très honteux à ses yeux. Tel l'être anonyme qu'il l'était, il n'y avait dans sa tête aucune phrase toute faite qui irait parfaitement dans ce genre de situation.

Il se sentait inutile.
Et il l'était. Tu le sais ça Zero, n'est-ce pas ?

    « Est-ce que ça va ? »

Inutile je vous disais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Dim 18 Déc - 4:42

Elle n'avait pas entendu le professeur s'approcher. En fait, elle n'avait rien entendu. Elle n’entendait que la douleur. Qui cognait sourdement dans sa tête. Mettant ses nerfs à vif.
Non, elle n'avait rien entendu. Jusqu'à ce "Une illusion ?". Question. Écho de ses propres pensées.

Elle sursauta. Releva la tête. Découvrit sa silhouette, debout à quelques pas. Le professeur de maths. Comment s'appelait-il déjà ? Elle grimaça. Elle le savait mais... La douleur lui brouillait la mémoire. Un nom compliqué, et un prénom qui faisait rire les élèves. Oui, un prénom qui... Zéro. Elle en était sûre. Zéro Van... quelque chose. Nouvelle question : "Est-ce que ça va ?".

Nouvelle grimace sur son visage à elle. Il était idiot ? Non, bien sûr que non, ça n'allait pas. Elle avait mal. Elle souffrait. En continu. Depuis deux jours maintenant. Et elle perdait le contrôle de son pouvoir. Tiens, voilà. Une mèche de cheveux roses balaya son visage. Elle fronça les sourcils, redevint elle même. Foutu pouvoir ! Et foutu prof. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Elle avait fait exprès de s'éloigner des endroits les plus fréquentés de l'école. Et lui qui débarquait ici ! Et de quoi se mêlait-il d'abord ? Elle ne lui avait rien demandé !

Sa tête bouillonnait de pensées contradictoires. Envoyer balader le prof. Lui répondre gentiment. La vérité. Ou un mensonge. Un mélange des deux ? L'ignorer ?
Elle le regarda plus attentivement. Des cheveux blonds. Un visage fin. Rien de particulier, mais rien de désagréable. Il tenait un manteau avec un bras, et un sac avec l'autre. Un prof. C'était tout à fait ça.
Katelynn essaya de se remémorer ses cours. Nouvelle grimace. Se servir de ses neurones était douloureux. Cette pensée la fit sourire. Malgré la douleur. Les cours de maths n'étaient jamais calme. Jamais depuis qu'il était là. Il se trouvait toujours quelqu'un pour faire l'idiot. Une bêtise. Katelynn elle même, parfois. Un prof sans autorité. Voilà ce qu'il était. Il essayait bien d'être méchant, des fois mais... C'était un échec.


Essuyant une nouvelle transformation, elle cessa de lutter contre son pouvoir. Si cette douleur voulait lui imposer une apparence? Et bien soit. Elle cédait. Pour le moment. Elle se renfrogna à cette idée. Elle ne cédait jamais d'habitude. Ne faisait rien contre son gré. Bref. Ce n'était que partie remise. Elle s'occuperait de la douleur plus tard. Pour l'instant... le professeur. Qui la fixait. Avec un air indéchiffrable. Elle devait s'occuper de son cas.

Elle colla un sourire sur son visage. Un sourire parfait. Ou presque. Parce que sourire parfait ne veut pas dire serrer les dents pour ne pas laisser passer un quelconque gémissement. Ses mains quittèrent son cou, cessant de le compresser. Elle se concentra. Oublier la douleur. Oublier. Elle devait être calme. Se maîtriser.

- Professeur. Je ne vous avais pas entendu venir.

Que du vrai, jusqu'ici.

- Tout va bien, qu'est-ce qui vous fait croire le contraire ?

Son faux sourire s'élargit. Et disparut un instant plus tard, sous une nouvelle décharge de douleur. Elle crispa ses poings, ferma les yeux, et se tourna. Que le professeur ne voit pas la nouvelle grimace qui s'épanouissait sur ses traits. Elle porta une main à sa nuque. Dieu que ça faisait mal.
Tout n'est qu'illusion. Avoir l'air normal, bien dans sa peau, gentille. Comme toujours devant les adultes. Elle se tourna de nouveau vers le professeur, armée de son faux sourire.

- Je peux.... faire quelque chose pour vous ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Lun 19 Déc - 8:11

    « Professeur. Je ne vous avais pas entendu venir. »

Ah. Mais pourquoi disait-elle cela ?
Quel était le rapport entre ce qui se passait à cet instant et le fait qu’il la perturbait de sa présence ? Zero en général, il n’importunait pas grand monde. Il était là mais ça n’y changerait rien. On ne le voyait pas, on ne le remarquait pas. On l’oubliait, on l’effaçait de la mémoire du monde, et les choses continuaient en le laissant sur le bas côté. Zero il n’avait rien à faire là, il n’était pas celui qui aurait du se trouver en cet instant à cet endroit, il n’était pas celui dont avait besoin cette élève – Katelynn, son prénom lui revint en mémoire. Il ne lui répondit pas, se contentant de la regarder et de cesser d’être à ce point mal à l’aise, d’arrêter de se sentir si indiscret, si imposant. Tu n’as pas l’habitude que ça t’arrive, hein ? Normalement tu ne prends jamais de place, normalement tu n’imposes ton existence à personne. Normalement tu ne forces personne à sourire pour toi.

Elle faisait semblant, idiot. Et tu l’avais remarqué.
Sauf que ça, ça ne t’arrangeait pas.

    « Tout va bien, qu'est-ce qui vous fait croire le contraire ? »

    « Tu n’as pas l’air en forme. »

Dit-il simplement, n’osant pas fuir son regard, étant incapable de le soutenir également. Oui, mademoiselle Katelynn semblait aller bien mal ! Ça il le savait, ça il le comprenait. Quand bien même son être n’avait pas pour habitude d’analyser les situations mensongères, il pouvait bien – une fois de temps en temps – comprendre quand les choses n’allaient pas, ne pas les ignorer. Cette fille souffrait beaucoup Zero, elle faisait comme si de rien n’était et elle se moquait ouvertement de toi ! Tu étais là mais aussi inutile que d’habitude, tu ne pourrais jamais la forcer à te dire ce qu’elle ne souhaitait pas, ses secrets ne deviendraient jamais les tiens. Tu ne pouvais probablement rien faire pour elle, Zero, rien. Elle ne voulait pas de ton aide, tu la forçais à te parler et à te sourire.

Tu la forçais à te mentir. Et pour ça, tu devrais avoir honte.

    « Je peux.... faire quelque chose pour vous ? »

Il pouvait bien voir toutes ses grimaces dissimulées de douleur, ses poings qui se crispaient, les mèches de ses cheveux qui changeaient de couleur, cette façon qu’elle avait de se tourner pour ne pas qu’il la regarder. Seulement il ne pouvait détacher les yeux de sa silhouette, il ne pouvait s’empêcher de la scruter en se demandant bien d’où pouvait venir les maux qui la comprimaient, ceux qui la cambraient et la faisaient souffrir d’une façon si virulente. Il l’observait, les sourcils légèrement froncés par l’inquiétude et par l’incapacité de faire quoi que ce soit d’utile. Il pouvait bien être là, ça ne changeait rien à part l’indisposer encore un peu plus.

Quitte à prendre de la place, autant faire la seule chose dont toi seul étais capable, Zero.
Cette chose qui vivait en toi et en personne d’autre.

Il fit un pas de plus, grimpant sur une marche, hésitant à s’assoir à côté d’elle, hésitant à l’aider à se lever. Ne faisant rien, finalement. Il se mit à réfléchir avec lenteur et monotonie, observant un peu plus précisément la courbe que formait son dos, les tremblements dans ses épaules, cette façon qu’elle avait de se tenir le cou. Avait-elle mal en cet endroit ? Il en doutait, elle ne semblait pas avoir de torticolis, mais seulement… incommodée. Il ne savait pas comment interpréter cela. Zero il ne réfléchissait pas, il n’acceptait pas les maux originaux. Il ne comprenait qu’il y avait un monde au dehors, et que celui-ci ne fonctionnait pas forcément d’une façon ennuyeuse, comme lui.

    « Où est-ce que tu as mal ? Dans le dos ? »

Sa voix était faiblarde, indécise, hésitante. Il n’osait pas la forcer à lui dire que ça n’allait pas, peut-être même que si elle le rembarrait il finirait par s’en aller.
Il avait mal dans les mains, cette même chaleur qu’il avait quand son pouvoir était prêt à intervenir, quand son pouvoir lui rappelait qu’il existait. C’est la seule chose que tu puisses faire pour elle, Zero.

Et tu sais, au fond, que tu peux l’aider d’une certaine façon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Lun 19 Déc - 9:59

Ah. Elle n'avait pas l'air en forme ? En voilà une réponse atypique. Le professeur effacé se permettait de croire qu'il pouvait lire en elle ? De croire qu'il pouvait deviner ce qu'elle désirait taire ? En même temps... il avait bien raison, puisqu'il venait de taper juste. En plein dans le mille. Au beau milieu de la cible.
Touché.

Katelynn fixa le visage du professeur. Ses yeux. Qui allaient et venaient, incapables de se fixer. Il n'osait pas la regarder ? Atypique. Une fois de plus. La jeune fille eu envie de sourire à l'idée qu'un professeur n'ose pas soutenir son regard. Elle retint son sourire, l'empêchant de franchir la limite de la simple idée. Elle garda un visage neutre, peut-être un peu crispé par la douleur, qui continuait de la titiller.

Il avait l'air vraiment inquiet. Inutilement. Que pensait-il pouvoir contre cette douleur. Katelynn pouvait presque lire dans les yeux du prof les pensées qui le hantaient. Il avait l'air vraiment torturé, des fois. Elle essaya de se rappeler à quoi pouvait ressembler son sourire.
Peine perdue. Elle ne l'avait jamais vu sourire. Cela ne l'avait jamais choqué. Elle n'y avait juste pas fait attention. Elle se demanda si c'était normal de ne jamais sourire, pour un être humain. Chassa cette question de son esprit. Question idiote, qui n'avait rien à faire dans sa tête en cet instant.


Pourquoi diable la fixait-il donc comme ça, sans rien dire ? Elle se sentit quelque peu mal à l'aise. Être l'objet de tous les regards, oui. Mais à ce point là... Elle finit par détourner les yeux, et fixa son regard au sol, suivant la ligne des escaliers qui descendaient, une tâche au sol, une éraflure sur le plancher. Se concentrer sur autre chose.


Et elle releva la tête brusquement, lorsqu'il fit un pas vers elle. Allons bon. Que faisait-il ? Qu'est-ce qu'il voulait. Elle faillit se lever, s'éloigner, mais la douleur dans son cou lui rappela soudain pourquoi elle était assise aussi pitoyablement à même le sol, et elle resta là.

« Où est-ce que tu as mal ? Dans le dos ? »

Décidément, il n'abandonnait pas !
Elle avait deux options, désormais. Un, l'envoyer violemment promener. Elle en mourrait d'envie. Sauf que là, elle se grillait définitivement, effaçant la belle couverture qu'elle avait mis en place devant les adultes depuis son arrivée. Pour rien au monde, même devant le si effacé professeur de mathématiques. Hors de question.
Restait donc la deuxième solution. CQFD.
Être gentille, aimable, trouver quelque chose. Pour le détourner. Même si il avait vu juste, ou presque juste.


Elle fit glisser la main le long de son cou, et avec un effort de volonté, la retira, pour entrecroiser ses doigts. Ne pas se trahir. Ne pas trahir le lieu de la douleur.
Et sourire.


"Oh, ce n'est rien professeur. Juste... rien."


Des paroles vides, tellement contradictoires avec ce qu'elle ressentait.

"Vous ne devriez pas prendre cet air... inquiet. Je fais juste.... une pause dans le couloir.... rien de plus."



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Jeu 22 Déc - 2:44

    " Oh, ce n'est rien professeur. Juste... rien. "

Elle devait te prendre pour un con, un véritable con. Suffisamment bête pour croire ce mensonge invraisemblable et fort mal dissimulé ! Ou peut-être qu’elle comprenait sans mal comment tu fonctionnais, que tu finirais par lâcher l’affaire car tu ne savais pas gérer les situations extrêmes. Réfléchis, pense à toi, au fait que tu es un être incapable d’être un bon professeur ni même d’être une personne intéressante. Cette jeune fille assistait à tes cours et avait même pris plaisir à y mettre le bordel avec ses camarades, et là tu l’importunais. Ne te rendais-tu donc pas comme ta présence lui était désagréable ? Au moins, quand tu n’étais pas là, quand ton anonymat était à son stade maximal, elle pouvait souffrir sans avoir besoin de faire croire que ce n’était pas le cas. Elle pouvait se aller à ses faiblesses sans réfléchir à rien d’autre, cette demoiselle devait fortement compter sur les apparences : tu t’en apercevais probablement pour la première fois. Elle devait être bien mal au point pour n’avoir pas même eu le temps de rejoindre sa chambre ! Mine de rien elle était dans des escaliers à la merci de tous.

Elle avait peut-être eu de la chance de tomber sur Zero, finalement.
Lui au moins, il s’en foutait royalement des apparences.

    " Vous ne devriez pas prendre cet air... inquiet. Je fais juste.... une pause dans le couloir.... rien de plus. "

    « Tu devrais te reposer dans ta chambre. Tu peux te lever ? »

Il s’était légèrement rapproché, ne sachant pas si prendre l’initiative de la relever serait une bonne chose ou pas. Finalement il se recula – un bon mètre les séparait, et il fallait croire que c’était encore trop peu -, ne pouvant empêcher son visage de se tordre doucement d’inquiétude. Lui qui d’habitude restait si impassible, indifférent aux joies et aux tristesses, voilà qu’il se prenait légèrement d’anxiété pour quelqu’un, une élève en plus. Une de celles qui détestaient le cours de mathématiques qu’il donnait, une de ces qui ne se rappelaient pas même de son nom de famille. Arrêtant de soutenir son regard, il se mit à observer les alentours par la fenêtre, regardant le soleil se coucher et les dernières personnes quitter les lieux pour rejoindre leurs appartements. D’ordinaire, à une telle heure il serait installé dans un fauteuil à regarder la télévision et déprimer sans savoir pourquoi, puis cesser de l’être sans savoir pourquoi non plus. Il avala sa salive avec difficulté, hésitant fortement à s’en aller.

Choisissant de faire autre chose qu’il regretterait sûrement très vite.

    « Je peux t’aider si tu veux… à avoir moins mal. »

Te rends-tu compte de l’exploit que tu viens d’accomplir, Zero ? Tu as enfin assumé ton inutilité, tu as même essayé de la combattre ! Mais crois-tu sincèrement que tu réussiras à utiliser ton pouvoir ? Tu la sens cette chaleur dans les mains, ces picotements désagréables qui se force à garder les poings serrés sur quelque chose pour oublier un peu tout cela. Tu pourrais lui faire encore plus de mal, tu le sais ça Zero, il y a une chance sur deux que tu ruines un peu plus ses chances d’aller mieux. Alors tu pourrais rentrer chez toi et, en plus de te sentir inutile, comprendre que tu es pathétique.

Tu l’es tellement.
Mais toi tu ne songes qu’à l’autre chance, celle qui ferait qu’elle se sentirait mieux, et tu y crois sincèrement en plus. Pathétique, je vous disais.

    « Il faut juste me dire où ça te lance. »

Sa voix était bien plus assurée que son visage qui, lui, se couvrait de honte. Il fuyait par tous les moyens les yeux – probablement interrogateurs – de Katelynn, se sentant frustré à l’intérieur, il n’appréciait pas cette peur qui le comprimait, il n’osait pas songer au fait qu’il pourrait échouer, ou qu’elle pourrait refuser et l’envoyer chier.

Puis se dire qu’il pourrait faire quelque chose de bien pour fois, c’était certainement l’idée la plus étrange qui lui traversa l’esprit. La plus improbable, surtout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Sam 24 Déc - 1:28

Il avait insisté. Ce simple fait faisait tout basculer. La situation. Et les certitudes de Katelynn. Elle avait pensé qu’elle avait gagné. Qu’une fois de plus, c’était elle la plus forte, celle qui avait le plus de volonté. D’ailleurs, c’était presque certain, puisque le professeur avait reculé. Après lui avoir demandé si elle pouvait se lever, aller dans sa chambre, etc… mais il avait reculé.


Elle avait cru qu’il allait partir. Mais il n’était pas parti. Il était resté là, à attendre je ne sais quoi, baladant son regard un peu partout, sauf sur elle. Qu’est-ce qu’il avait à la fin ? Et voilà qu’il avait insisté. Il pouvait l’aider, disait-il. A avoir moins mal. Si c’était le cas, pourquoi avait-il l’air si mal à l’aise, si peu assuré ? Elle avait juste à lui dire où elle avait mal, hein ? Ça semblait tellement simple, dit comme ça.

Il y eu un instant de flottement. Katelynn tentait de réfléchir. Que se passerait-il si elle refusait ? Et lui, pourquoi il s’acharnait à vouloir l’aider absolument ? Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait rien. Elle avait sous-estimé le prof de maths, sur ce plan là.


Elle le regarda attentivement. Pour la seconde fois en quelques minutes. Sans un mot. Il n’avait décidément vraiment rien du tout de particulier. Pas étonnant qu’on ne lui prête pas attention. Il ne faisait rien pour se mettre en valeur. C’est comme si il avait voulu disparaitre de la vue des gens, de leur esprit.

*Eh bien c’est très réussi…* ne put s’empêcher de songer la jeune fille. Ça aurait été un talent inestimable s’il avait été espion. Sauf qu’il était prof. Et qu’un prof, ça devait en imposer un minimum, pour pouvoir se faire respecter. Il avait bien mal choisit sa voie… Ou alors, il n’avait pas toujours été comme ça. Mais ça, elle ne le saurait sans doute jamais.


Ces pensées l’avaient fait sourire. Oui, il était bien étrange ce professeur. Elle se rendit compte qu’elle avait pris sa décision. Elle allait lui faire confiance. Ou faire de son mieux pour lui faire confiance. Après tout, il fallait bien lui donner sa chance, parce qu’il n’en aurait sans doute pas d’autre de sitôt. Elle repensa aux cours de maths, et eu quelques remords en revoyant son attitude. Elle avait mis un sacré bazar dans ses leçons. Elle ne lui avait pas rendu service. Alors qu’elle aurait dû donner l’exemple. Elle avait toujours pensé que ses bonnes notes lui donnaient ce droit –elle le pensait d’ailleurs toujours- mais…

C’est ce qui fit basculer définitivement son choix. Elle se leva en s’accrochant à la rampe et regarda le professeur dans les yeux, même si ce n’était pas forcément réciproque.


« Le cou. C’est dans le cou que j’ai mal. Et je ne sais pas pourquoi. Qu’est-ce que vous comptez faire pour m’aider ? »

Elle faillit ajouter « je suis désolée pour mon attitude lors de vos cours ». Elle se retint. On verrait plus tard pour les excuses. Elle abandonnait déjà une partie de son apparence de dure à cuire alors… elle ne pouvait pas tout abandonner d’un seul coup…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Dim 25 Déc - 14:05

Tu avais gagné, Zero. Et tu la regardais, probablement pour la première fois tu soutenais ton regard sans ciller, tu avais gagné et tu ne savais pas comment réagir.

C’était un jeu ? Un duel ? Un combat ? Quelque chose qui y ressemblait, c’était une bataille silencieuse et inavouable. C’était des faiblesses qu’on ne disait pas, c’était des yeux que l’on n’osait pas regarder, c’était des paroles que l’on ne pouvait pas s’avouer – c’étaient des choses qui ne regardaient pas un vulgaire professeur de mathématiques bien inutile. Mais il le sentait, au fond, quand même cela était bien fort peu officiel, quand bien même c’était à peine supposé dans l’air, ils avaient eu droit aux mensonges et aux paroles inutiles. Pour le peu de dangerosité que Zero vivait au quotidien, il pouvait presque prétendre cela comme un rapport de force. Il y avait elle, Katelynn Dagan, belle élève sûre d’elle, intelligente et populaire qui n’avait jamais semblé avoir la moindre faille ; puis il y avait lui, Zero Van Hallagen, jeune professeur inutile qui n’était jamais respecté et avait cette tendance à n’attiser que l’indifférence des autres, qui avait presque toujours vécu seul sans même y trouver quoi que ce soit de dérangeant. Katelynn mentait à Zero pour cacher ce qu’elle ressentait, alors qu’il n’était qu’un minable gars sans intérêt, elle avait pris cette peine incroyable de lui mentir, de considérer qu’il avait suffisamment d’importance pour cela. Il ne devait probablement pas s’en rendre compte – ni même y réfléchir – mais ça lui procurait un sentiment étrange. De grandeur, peut-être.

Il se sentait exister. Zero avait gagné sur le mensonge, il valait mieux que ça.
Elle se relevait avec difficulté, s’accrochant à la rampe pour s’éviter de chuter, il aurait pu l’aider à tenir debout mais n’en esquissa que le geste, n’osant pas tout simplement pas aller au bout. Par timidité, peut-être ? Sûrement.

    « Le cou. C’est dans le cou que j’ai mal. Et je ne sais pas pourquoi. Qu’est-ce que vous comptez faire pour m’aider ? »


    « Je peux contrôler la douleur et si j’y arrive, tu sentiras un peu moins ce que tu as… dans le cou ? »

Sa voix était légèrement remontée à la fin de sa phrase, avoir mal dans le cou lui sembla bien curieux. Il ne voyait pas bien à quoi cela pouvait être du. Il se mit à la regarder, dans les yeux, soutenant son regard, les sourcils légèrement froncés par l’appréhension. Posant sa veste sur une marche et son sac juste à côté – prenant bien ce temps inutile que tout soit soigneusement plié -, il se redressa vers Katelynn, se sentant soudainement étrangement… mal à l’aise. Son pouvoir il ne l’utilisait jamais, Zero il le subissait seulement. Il n’en voulait pas de cette particularité abjecte qui le forçait à souffrir de cette façon alors qu’il ne demandait rien à personne, il avait fini par prendre cette habitude de ne jamais toucher personne de ses mains, lui évitant ainsi d’avoir mal et – au cas où, mais ce qui était infiniment plus rare – d’ajouter des douleurs inexistantes chez quelqu’un qui n’en avait pas besoin. Zero il avait honte de ça, et pour la première fois – ou pas, il ne se rappelait pas avoir vécu de tels évènements avant, lui qui prenait ainsi l’initiative d’utiliser son pouvoir. Mais ça le dérangeait, tout ça, parce qu’avec l’habitude les contacts physiques avaient fini par être très inhabituels et gênants pour lui, se dire qu’il avait devoir poser sa main sur elle ne lui plaisait pas.

Avalant sa salive avec difficulté, il préféra ne pas réfléchir et s’approcha de Katelynn, tout doucement, ses actions étaient ralenties par l’appréhension.

    « Il faut juste que tu te laisses faire, d’accord ? »

Mais il n’allait pas attendre sa réponse, non, il fallait le faire, maintenant, avant qu’il ne fasse le chemin inverse et parte en courant. Il posa sa main sur le mur – craignant l’attaque d’une violente douleur il préférait avoir un appuie – et approcha l’autre du visage de Katelynn, il remarqua au passage qu’il ne tremblait étrangement pas. Il ramena sa mèche derrière son oreille et écarta du bout des doigts les quelques cheveux qui étaient là, les laissant tomber sur son dos. Fixant le creux de son cou avec une expression proche de l’évanouissement, il ne put s’empêcher – au lieu de simplement poser sa main – de la faire glisser de son épaule jusqu’à sa nuque, pétrifié à l’idée de la secousse de douleur qu’il avait avoir dans les semaines. Et les secondes passèrent, ses mains le brûlaient et il atteignit la zone qui posait problème.

Tu pris tout dans la gueule d’un coup, c’était sévère ça Zero.
Tu le sentais, c’était chaud, c’était fort et incroyablement puissant, ta main se crispait avec fureur sur sa nuque et tout arrivait dans la tienne. Ça piquait, ça tirait, tu n’arrivais même plus à garder la tête haute, regardant lamentablement le sol, le visage tordu par une expression de douleur, ton poing sur le mur s’efforçait de ne pas bouger et ça durait de longs instants, interminables. Pourtant malgré la souffrance et les tiraillements infernaux, tu sentais autre chose en toi. Peut-être n’était-ce que le fruit du hasard mais cette fois-ci la sensation était différente dans ta paume, comme si tu lui prenais quelque chose, comme si tu réussissais enfin ce que tu n’avais jamais presque tenté auparavant.

Tu avais aidé quelqu’un, Zero. Et ce quand bien même tu morflais comme une merde en ce moment même.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Lun 26 Déc - 1:41

(hj : c’est moche de se servir comme ça de mes instincts de profophile ! Wink ♥️)



Un soulagement. C’est la seule chose qu’elle attendait désormais de cette rencontre. Rencontre fortuite, rencontre qui aurait pu être tellement… inutile. Rencontre qui se révélait tellement étonnante.
Il avait réussi à la surprendre. Parce qu’elle ne l’avait jamais regardé plus que ça ? Parce qu’elle ne l’avait jamais écouté ? Ou parce que cette fois ci, et seulement cette fois, il s’était dépassé ? Parce que devant lui, elle avait baissé les armes ? Elle avait abandonné sa cuirasse ? Un peu de tout ça. Une succession de passes d’armes. Elle avait cédé la première. « A charge de revanche », ne put-elle s’empêcher de penser.
En vérité. C’est elle qui allait avoir une dette envers lui, s’il la soignait. Une dette. Mot étranger, au sens si lointain d’habitude. Jamais elle n’avait été redevable. Qu’est-ce que c’était, d’être redevable ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?

Toutes ces pensées s’effacèrent brusquement au contact du professeur. Perdue dans ses pensées, tournée en elle-même, elle avait oublié. Oublié qu’il allait l’aider là, maintenant, tout de suite. Qu’il avait le pouvoir de lui rendre ce grand service. C’est tout juste si elle avait saisi le sens de ses paroles :

    « Il faut juste que tu te laisses faire, d’accord ? »


Elle avait ouvert la bouche –trop tard-, la refermant aussitôt, lorsque le professeur avait posé la main contre le mur, non loin d’elle. Un appui. Pensée étrange. Pourquoi avait-il besoin d’un appui ?
Elle ne put empêcher un long frisson de parcourir son corps lorsqu’il remit une mèche derrière son oreille, dégageant l’accès à la zone qui la faisait souffrir. Elle songea soudain que la situation était bien étrange. Que penserait une personne lambda qui traverserait le couloir et apercevrait cette scène ?
Elle ne put s’empêcher de regarder une fois de plus le professeur dans les yeux. Tressaillit. Il avait sur le visage une expression indéfinissable, mélange de crainte, d’appréhension, un je ne sais quoi qu’elle ne pouvait nommer.

« Professeur ? Est-ce que tout va bien ? »

Elle ne s’inquiétait pas pour les gens, Katelynn. C’était les gens, qui s’inquiétaient pour elle. Toujours. En cet instant, toujours n’existait plus. Plus rien n’existait que la main du professeur qui se rapprochait petit à petit de la zone où.
L’attente avait volé en éclat. La douleur s’agita soudain dans le cou de la jeune fille. Elle crispa les poings, le plus fort possible, ferma les yeux, comme si cela allait tout faire disparaitre d’un seul coup. Cela disparut, en effet, petit à petit. Comme si la douleur était aspirée, sans pouvoir lutter, Katelynn la sentait refluer, disparaitre, et à la place, un sentiment de bien-être s’installa. C’est seulement alors qu’elle s’en rendit compte. La main du professeur, crispée dans son cou. Elle ouvrit les yeux.

Il n’avait pas bougé, la main toujours contre le mur, convulsivement serrée. Comme pour résister à une douleur. La tête baissée. Expression invisible. Elle baissa doucement la tête. Le visage du professeur était fermé sur une grimace de souffrance. Katelynn laissa échapper un gémissement. Tout ça, c’était de sa faute à elle.
Par réflexe, elle passa un bras sous celui du professeur, et de l’autre, retira la main qu’il avait posée dans son cou. Elle ne le laisserait pas s’écrouler par terre. Tout en le soutenant ainsi, elle entreprit de l’asseoir sur les marches, tout en lui parlant –n’était-ce pas ainsi que ça devait se passer ?

« Professeur ? Je suis désolée vraiment. Je… »

Elle se retrouva à cours de mots. Elle ne s’excusait presque jamais, c’était un peu… nouveau ? Non, bien sûr, mais ça restait difficile… Les pensées qui l’avaient agitée avant tout cela lui revinrent.

« Pardon… pour le bazar que j’ai pu mettre dans vos cours. »

Elle avait chuchoté ces quelques mots. Sans savoir s’il les entendrait. Au moins, c’était dit. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle se sentait triste, triste de se rendre compte seulement maintenant de son existence. Elle eue soudain envie de lui demander son nom. De lui promettre que cette fois, elle s’en rappellerait. Mais elle n’osait pas. Trop gênant. Après tout, il venait de lui rendre un fier service. Mieux que ça, même.
Et puis, ce dont il avait besoin en cet instant, ce n’était pas ça. Elle se rappela de sa visite médicale. De l’infirmière. Seena. Pourquoi n’était-elle pas allée la voir, hein ? A cause d’elle, ce prof… Elle avait encore voulu paraitre plus forte qu’elle ne l’était. Elle se fustigea intérieurement.

« Professeur… je… je crois que vous devriez aller à l’infirmerie. Vous voulez que je vous y emmène ? »

Tout ça, c’est de ta faute, Katelynn. La pensée tournait en rond dans son esprit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Lun 26 Déc - 4:17

(tu permets, je m’en sers encore un peu 8D ♥)

Zero n’avait pas franchement songé à l’étrangeté de cette situation, il fallait bien avouer que c’était la première fois qu’une chose pareille lui arrivait. La première fois qu’au lieu de rentrer chez lui après une journée banale qu’il prenait cette peine d’aller voir l’origine d’une situation compliquée, la première fois qu’il souhaitait essayer d’utiliser son pouvoir alors qu’il savait qu’il ne pouvait pas le contrôler, la première fois qu’il touchait une élève de cette façon. Ses cheveux et son cou, pour lui qui était l’innocence et la naïveté incarné cela ne signifiait pas quoi que ce soit puisqu’il ne cherchait qu’à la soigner, il n’avait pas songé un seul instant que la gêne qu’il ressentait pouvait simplement venir de là, du véritable contact physique qu’il y avait derrière. Du fait qu’on ne se comportait pas comme cela avec une élève, encore moins en étant incapable de comprendre tout ce que ça représentait.

C’était ridicule, et il souffrait affreusement. Ça le tiraillait, ça brûlait, ça tirait, il n’arrivait pas à relever la tête sans souffrir affreusement, c’était si fort, si imposant, si présent. Il commençait à regretter à cause de ça, il n’arrivait plus à réfléchir normalement ni même à relever la tête vers elle ; il fallait bien que ce soit elle qui lui retire sa main et la fasse s’assoir, il serait certainement resté dans cette position encore longtemps sans même s’en apercevoir. Sa tête lui tournait et il savait son visage crispé par la douleur, il se demandait comment son corps faisait pour ne pas lourdement chuter en arrière.

    « Professeur ? Je suis désolée vraiment. Je… »

Il lui lança un regard interrogateur, ne comprenant pas du tout pourquoi elle lui disait ça.

    « Pardon… pour le bazar que j’ai pu mettre dans vos cours. »

C’était à peine un murmure qu’elle avait lâché en évitant son regard, il ne put retenir sa surprise, la regardant, incrédule. Elle n’était pas sérieuse, se positionnant correctement il lui adressa un regard étonné. S’asseyant correctement sur les marches, il cherchait à oublier la douleur, que du moins physiquement sa position ne soit pas pathétique, car Zero ne l’était pas tant que ça. Il n’était pas du genre à attirer l’attention par des soucis physiques particuliers, et cette fois encore il comptait bien ne plus chercher à être différent d’aucune façon. Levant la tête, et à part une veine sur sa tempe qui s’agitait nerveusement, il pouvait presque faire comme s’il était simplement fatigué, la mine épuisée. Zero vivait avec une douleur permanente et violente en lui, il savait mieux que personne comment agir avec ces sensations-là, apprendre à ne plus les ressentir. Clignant longuement des yeux, il adressa un regard à Katelynn.

    « Professeur… je… je crois que vous devriez aller à l’infirmerie. Vous voulez que je vous y emmène ? »

    « Je ne t’en veux pas. »

Avec un petit sourire timide.
Parce qu’il voulait lui répondre sur ce qu’elle lui avait dit juste avant, cette phrase qui se répétait dans sa tête. Puis il détourna les yeux, le visage plus reposé qu’il ne l’aurait cru, ne songeant pas à la douleur, sachant qu’elle finirait par s’en aller d’ici quelques heures. Il se sentait minable, pathétique, réussir à enlever une douleur en la prenant à la place c’était profondément ridicule. Mais il se sentait utile, aussi, pour une fois. Pour la première fois. C’était une sensation agréable, elle dépassait un peu le reste. Il eut un rictus de souffrance.

    « L’infirmerie ? »

Il s’était posé la question à lui-même, sachant pertinemment qu’y aller serait parfaitement inutile. Mais il y songea, sérieusement, passant sa main sur sa nuque. Il avait envie de voir Mademoiselle O’Dell. Pour la première fois, aussi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Katelynn Dagan
Insis
Insis
avatar

Messages : 117
Date d'inscription : 04/12/2011
Age : 23
Pseudo : Katell

More about you
Âge: 16 ans
Don: Métamorphose humaine
Points gagnés: 69

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Lun 26 Déc - 9:05

(espèce d'utilisatateur d'instincts ! ><)


Le professeur n’avait pas fait d’histoires pour s’asseoir, tant mieux d’ailleurs, Katelynn aurait sans doute dû l’y forcer. Parce que vu son état… Pathétique.


Quoiqu’il en soit… il avait entendu. Entendu son murmure. Ces excuses. Un simple souffle. Il avait entendu. Il y avait prêté attention. Et avait répondu. Il ne lui en voulait pas. Comment pouvait-il ne pas lui en vouloir ? Elle avait envie de lui crier : « Mais si, bien sûr que vous m’en voulez ! Réfléchissez ! J’ai bousillé vos cours ! Et là, à cause de moi, vous êtes dans un état lamentable ! Alors si, vous m’en voulez, j’en suis sûre ! ».
Elle empêcha ce torrent de mots de franchir la barrière de ses lèvres. A quoi cela servait-il de s’énerver contre lui, il n’était pas en position de répliquer. Et elle avait une dette. Elle étudia une seconde cette pensée. Cette histoire de dette allait lui pourrir la vie. A elle de la régler au plus vite. Elle pouvait sans doute en éponger un peu en aidant le professeur à aller à l’infirmerie… ou en allant chercher l’infirmière. Seena. Est-ce que la jeune femme pourrait faire quelque chose pour lui.

    « L’infirmerie ? »


La question du professeur troubla les pensées de Katelynn un instant. Est-ce que ça s’adressait à elle ? Elle choisit, dans le doute, de répondre :

« Oui. L’infirmière est… vraiment très gentille. Vous verrez. »

Elle se replongea dans ses pensées. Emmener le professeur ou aller chercher le Doc ? Après avoir pesé le pour et le contre, elle décida de l’emmener là-bas elle-même. Après tout, elle n’allait pas déranger en plus Seena, après tout ce qui était déjà de sa faute aujourd’hui.


Elle se tourna vers le professeur, qui massait distraitement sa nuque, le visage toujours indéchiffrable.

« Professeur. Je vais vous emmener à l’infirmerie. Ne me dites pas non. C’est de ma faute, tout ça. Alors venez avec moi. »

Elle s’approcha à nouveau de lui, et passa un bras sous celui du professeur. De l’autre, elle attrapa le manteau et le cartable qu’il avait laissé trainer le temps de s’occuper d’elle. Elle fit un premier pas, puis un autre, laissant le temps à l’homme de la suivre. Ne pas trop accélérer le rythme. Pense à lui, il ne peut pas aller vite. Prend ton temps. C’est au rythme de ces pensées qu’elle se dirigea vers l’infirmerie avec le professeur ….

_________________
Et on dit merci qui ? Merci Winy pour l'avatar ! ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zero Van Hallagen
Adultes
Adultes
avatar

Messages : 55
Date d'inscription : 12/12/2011
Pseudo : Pinky W.

More about you
Âge: 27 ans.
Don: Contrôle de la douleur.
Points gagnés: 18

MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   Sam 7 Jan - 4:31

    « Oui. L’infirmière est… vraiment très gentille. Vous verrez. »

Il eut un sourire, ça, il le savait.
C’était l’une des rares choses à laquelle il pensait, des fois, au détour d’un couloir ou en passant devant la porte de mademoiselle O’Dell. Et puis il souriait, comme ça, sans réfléchir et quelques fois même sans s’en rendre compte. Mais il n’y allait jamais, il ne la voyait pas, il oubliait, il faisait ses cours et ne passait pas la voir pour la saluer, préférait rentrer chez lui au plus tôt. Sa vie fonctionnait de cette manière et jamais il ne le remettait en cause : il ne se disait pas que c’était une situation bien dommage et profondément pathétique, il ne songeait pas au fait qu’il fallait avoir un caractère particulièrement inintéressant pour agir de cette façon : ou plutôt pour ne jamais faire quoi que ce soit. Seulement cet instant n’était pas habituel, n’est-ce pas ? Il n’avait rien d’ordinaire alors peut-être qu’il pouvait se permettre de changer ses habitudes.

    « Professeur. Je vais vous emmener à l’infirmerie. Ne me dites pas non. C’est de ma faute, tout ça. Alors venez avec moi. »

    « C’est d’accord, ne t’en fais pas. »

Il disait cela sans véritablement s’en apercevoir, se levant avec elle et posant vaguement sa main sur son épaule pour garder l’équilibre l’espace de quelques pas – prenant avec cela une nouvelle vague de douleur presque insurmontable. Sa tête lui tournait, il n’était pas certain de marcher droit, avoir dû se relever soudainement l’empêchait de s’habituer à nouveau à la souffrance que lui procurait son pouvoir inutile. Il cessa de marcher, laissant tomber son bras et se dégageant de l’emprise de son élève, celle-ci étant pleine de bonne intention. De regret sûrement, de culpabilité aussi. Il fallait bien la rassurer, elle, lui dire qu’il ne lui en voulait pas : ni pour ce qu’elle avait fait avant ni maintenant. Zero n’était pas du genre à être rancunier, et quand bien même il le serait il n’oserait jamais l’avouer ou le manifester. Et puis il n’avait rien contre Katelynn, ça suffisait pour ne pas lui en vouloir.

Il reprit ses esprits et commença à marcher à côté d’elle, le pas lent et la tête penchée à regarder le sol.

    « C’est pas grave, tu sais. »

Tout ça. Sa vie, la tienne. Tu ne lui en voulais pas, tu la jalousais seulement. Elle était tout ce que tu n’étais pas, elle avait tout ce que tu n’avais pas. C’était la beauté, l’intelligence, la possibilité de changer, d’user de son charme, d’être populaire, d’avoir du caractère, de se laisser gagner par la peur de dévoiler ses faiblesses. D’avoir des faiblesses. Toi tu n’en avais même pas, Zero, tu n’étais ni fort ni faible, tu n’étais rien. C’était cela la plus grande différence entre toi et le reste du monde, entre toi et elle qui prenait soudainement conscience de ton existence. Et tu marchais à côté d’elle dans le silence et la douleur, dans la gêne et la souffrance. Tu osais confronter ton inexistence à la présence d’autrui et tu osais avoir cette envie de voir mademoiselle O’Dell. Tu n’avais pas franchement le droit de faire ça. De lui en vouloir ni même de lui pardonner quoi que ce soit.

Elle ne te connaissait pas, peut-être parce qu’il n’y avait rien à savoir justement.
Rien du tout à part que tu gâchais une vie à être un misérable professeur de mathématiques avec un pouvoir inutilisable et une envie inavouable de voir une femme dont tu aimais la présence. Tu n’avais pas le droit de faire ça.

De prendre le temps des autres pour qu’ils subissent ta présence.
Disparais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Insidieuse douleur -et dette. [PV Zéro]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les Etats-Unis annulent la dette d'Haïti
» La douleur de la montagne.
» Taiwan annule temporairement la dette d'Haïti
» La douleur s'efface [PM] [ avec Faith]
» L'Argent Dette

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: ★ Premier étage :: ★ Couloirs et escaliers-
Sauter vers: