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 "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"

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Seena O'Dell
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MessageSujet: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Lun 13 Fév - 11:25

La journée était une vraie journée londonienne comme on en voyait plus beaucoup depuis longtemps : ciel très bas et gris sale, atmosphère humide et glacée et surtout, nappe de brouillard impénétrable. L'hiver était la saison la plus propice à faire sortir la brume de la Tamise malgré que le réchauffement climatique rende le phénomène rare. C'était pourtant cette ambiance qui rendait Londres si particulière et mystérieuse...

Aujourd'hui, Seena ne travaillait pas. Elle avait son samedi après-midi comme tous les professeurs et pouvait vaquer à ses occupations. Il y avait une sorte de permanence de la part de l'intendant qui pouvait donner des aspirines ou poser une poche de glace par-ci par-là et en cas de blessure grave, elle était toujours joignable sur son portable bien qu'elle ai prévenue que pendant ses journées vacantes, elle ne voulait être dérangée qu'en cas d’extrême urgence. La jeune femme était pour l'heure dans une petite rue tranquille. Personne ne s'y promenait, il faisait bien trop moche et c'était un peu loin du centre. Pourtant c'était ici que Seen' avait son animalerie favorite. Le propriétaire la connaissait depuis des années. Elle venait régulièrement pour de la litière, des croquettes ou des graines. Elle se fournissait aussi en matériel de soin car il était le fournisseur de plusieurs vétérinaires en ville. A présent qu'elle pouvait soigner elle même ses petits patients à quatre pattes, elle ne venait plus en pleurs avec un chat amoché ou un oiseau blessé dans les bras, elle les soignait elle même chez elle. C'est donc avec un grand sourire qu'elle entra, écharpe autour du cou bien remontée et cache oreille bien mis en place.

« Bonjour Mr Francks ! Belle journée pas vrai ? »

« Une journée comme seul Londres peut nous en offrir ! Alors dis moi, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »

« J'aurais besoin d'une nouvelle couverture polaire. Pour le panier à chat, le dernier pensionnaire a tellement aimé l'ancienne qui pourtant commençait à rendre l'âme qu'il l'a réduite en miette. Enfin au moins j'ai compris rapidement qu'il avait retrouvé la forme. »

« A oui c'est vrai, tu n'es pas trop à rembourrer avec du journal, tu préfères les chouchouter. Bon, viens voir tu va pouvoir choisir ta couleur. »

Seena suivit le vieux monsieur qui la conduisit dans un des rayons sombre de son magasin. Sous un néon presque clignotant, des couvertures de couleurs bien pliées et rangées étaient disponibles. Il y en avait pour tous les goûts, avec ou sans motifs, de toutes les couleurs. La jeune infirmière choisit une couverture de couleur unie violette sombre. Ils regagnèrent la caisse et elle sortit un billet pour payer. Le polaire était un bonheur au toucher quand il était neuf, tout doux, il ne donnait qu'une envie : se blottir dedans pour faire une sieste.

« Voilà, j'espère que tu contenteras beaucoup de chats avec ça ! »

« Merci beaucoup. Je peux vous assurer que ça me sera utile. A bientôt ! »

Elle coinça la couverture sous son bras et après un signe de main, elle poussa la porte, accompagnée du tintement de la clochette suspendue au-dessus. Retour au froid et à l'humidité. Mais elle avait ce qu'elle était venue chercher. La jeune femme n'avait plus qu'à retourner à son arrêt de bus pour rentrer chez elle. Elle pouvait le faire à pied mais c'était plus long et surtout, elle n'aimait pas le froid. Or les bus étaient chauffés. Toujours pas de piétons ou de circulation. Parfait, elle aimait se promener dans les villes fantômes. C'est donc d'un bon pas qu'elle se mit en marche.
Qu'allait elle faire aujourd'hui ? Elle était seule chez elle et il faisait un sale temps. Pourquoi ne pas commencer un bon livre ? Elle en avait toute une pile sur sa table de chevet, il serait temps de s'y mettre. Avec un bon chocolat chaud et sa propre couverture. Oui, c'était un bon programme. Elle n'avait aucun pensionnaire poilu chez elle pour le moment ce qui lui laissait pas mal de liberté au niveau de ses activités ou de ses horaires, autant en profiter !

Seena était à l'autre bout de la rue quand elle vit la lumière des phares de son bus. Zut ! Il restait un passage clouté à passer. Elle se mit à courir. Il restait un feu rouge avant que le bus n'arrive à l'arrêt, elle pouvait encore le prendre. Sa respiration faisait des nuages blancs qui se perdaient dans le brouillard et ses pas sur le béton étaient étouffés dans cette atmosphère de coton. Elle avait une vue dégagée sur la rue qu'elle devait franchir, une large avenue où pouvaient circuler en sens unique deux voitures de front. Puis c'était une plate-bande de fleurs frigorifiées et ensuite les deux voies allant en sens inverse. Et le bus juste là. La jeune femme fit de grands signes et appela bien fort. Elle perçu très bien l'appel de phare du chauffeur qui, attentif, l'avait entendu par sa fenêtre ouverte. Il allait l'attendre mais elle devait se dépêcher de traverser.
L'ange de Iesfira sourit : le feu était vert pour les piétons, elle pouvait traverser sans crainte. Elle jeta cependant un coup d’œil pour vérifier. La voie était libre. Elle s'engagea donc sur la route en serrant contre elle sa couverture. Elle avait franchit les trois quart de la voie. Elle y était presque. Tout aurait pu être vite réglé. Mais c'était sans compter sur la bêtise humaine.
Un rugissement de moteur déchira le brouillard suivi des rayons aveuglant des phares qui créèrent un écran blanc sur la nappe de brume. Il ne prit même pas la peine de klaxonner, il ne vit pas le feu rouge ou trop tard. De même pour Seena qui traversait. Alertée par le bruit, elle avait eu le réflexe de tout être vivant dans ce cas là : elle s'arrêta dans son mouvement pour voir ce qui venait. Si elle avait continué elle s'en serait sortie indemne. Mais le hasard ou le sort en décida autrement. La voiture se déporta trop tard, percutant la jeune femme sur le côté et l'envoyant bouler sur la route en une fraction de seconde. Seena avait tout vu comme au ralenti. Elle avait sentit ses ailes sortir dans son dos pour prendre son envol mais le manteau était trop serré et elle n'avait pas le temps de forcer. Elle ne sentit que le choc dans un premier temps. Puis cette impression de flotter en l'air sans subir l'apesanteur... avant de s'effondrer au sol. Elle se meurtrit le visage, les mains, les épaules, les genoux et le dos sur le bitume glacé. Une douleur atroce explosa dans ses côtes, l'empêchant de respirer correctement, lui coupant le souffle sous l'effet de la souffrance. Et puis tout s'arrêta.

Sa tête lui faisait mal, elle n'entendait qu'un gros bourdonnement. Elle tenta de bouger mais c'était trop dur et ça faisait trop mal. Sa tête dodelina un instant, son regard cherchant quelque chose à quoi se raccrocher au milieu de tout de gris et ce blanc. Elle perçu son bras. Ou ce qui y ressemblait étant donna son angle étrange et sa couleur qui n'était ni celle de sa peau, ni celle du manteau. Et au bout, une tache violette sombre. La couverture. La jeune femme, complètement désorientée, ne pensa qu'à ramasser son bien. Elle l'avait acheté après tout alors elle n'allait pas le laisser par terre. Mais son bras ne voulu pas s'étirer et seuls ses doigts remuèrent faiblement. Après des efforts surhumains, elle réussit à se saisir d'un coin de la couverture et le serra fort avec une ombre de sourire sur les lèvres. Elle sentait qu'on venait autour d'elle, qu'on s'agitait mais elle ne savait pas pourquoi. Que disaient ces gens ? Quelle langue parlaient-ils ? Elle n'arrivait pas à comprendre, c'était une bouillie indescriptible dont elle ne pouvait rien tirer. Alors à quoi bon ? On voulut la déplacer et elle ne put contenir un cri de douleur. C'était comme si on lui enfonçait un glaive entre les côtes. On la reposa doucement au sol. Elle n'arrivait pas a respirer normalement, elle sentait que ça sifflait au niveau de ses poumons. C'était pas bon ça, on le lui avait appris.
Elle perdit la notion du temps. Il lui sembla qu'en quelques instants le nombre de personne avait doublé, un nouveau bruit s'ajoutait au vacarme. De nouveau on la déplaça mais elle était si fatiguée qu'elle ne poussa qu'un gémissement. Ça tremblait sous elle et elle voyait que ça bougeait. On la faisait changer de place ? Pourquoi ? Elle était bien contre le sol froid. Ça apaisait ses douleurs. Mais on préféra lui coller un masque qui la serra mais dont elle ne put se débarrasser. L'air passa mieux. Son environnement avait changé : c'était très lumineux, elle avait de la compagnie mais elle ne savait pas qui et ne comprenait toujours pas ce qu'ils disaient. Enfin elle sentit son esprit basculer vers le repos. Elle était tellement fatiguée, elle le méritait. Tout devint noir et elle ignora l'affolement extérieur, se contentant de fermer les yeux.

Elle se souvint avoir repris connaissance une fois ou deux mais pas très longtemps. Elle replongeait rapidement dans les ténèbres sans même savoir ce qui se passait. Encore trop fatiguée. Peu importait le reste. Des bruits, des voix, des lumières aveuglantes. Et cette atroce douleur qui ne partait pas. Mieux valait dormir. Quand elle ouvrit les yeux pour de bon, elle se sentait mieux. La fatigue n'était plus présente, elle n'avait pas mal. Alors il était temps de regarder un peu mieux ce qui l'entourait. C'était blanc et lumineux. Elle cligna des paupières pour mieux y voir. Tiens ça lui rappelait quelque chose tout ça. Elle tourna la tête avec raideur et put voir des rideaux, des tas d'appareils et des tubes en plastique. D'où venaient-ils ? Ah. De son corps. Bof comme accessoire. Seen' inspira plus profondément et reconnut l'odeur presque sucrée de l'oxygène. Pourquoi était-elle à l’hôpital ? Elle n'avait pourtant pas le souvenir d'avoir fait quelque chose de dangereux... Quand elle remua pour se redresser, ses côtes se manifestèrent dans une douleur aiguë. Retenant son souffle et relâchant tous ses muscles, elle attendit que la pointe de douleur passe. Sa mémoire revint au grand galop : le passage clouté, le bus, le brouillard, la voiture. Alors voilà pourquoi elle était amochée à de point. Mais...On était quel jour ? Un coup d'oeil sur sa main lui indiqua qu'elle avait de quoi appeler une infirmière. Elle appuya dessus aussi fort que possible c'est à dire normalement. Après quelques instants d'attente, elle vit une femme d'âge mûr entrer avec un sourire.

« Ah, vous êtes réveillée ! Ca va ? La tête ne tourne pas trop ? Vous avez eu une sacré veine vous savez ? »

L'ange brisé haussa les sourcils et dit d'une voix faible et éraillée :

« Vous trouvez ? »

« Mais oui ! Le conducteur de bus qui a appelé les urgences et quelques passagers ont tout vu et ils ont tout rapporté à la police. On a eu droit à un récit détaillé. Si vous étiez resté en plein milieu du chemin, vous seriez surement morte à l'heure qu'il est ! »

« Qu'est-ce que j'ai ? »

« Et ben on peut dire vous allez à l'essentiel vous. »

« Je suis médecin... »

« Ah je vois. Deux côtes cassées et une fêlée, les avant-bras déchirés et le coude cassé. Vous avez des sacrés reflexes, vos bras ont tout pris sinon c'était votre visage. Quelques bobos au visage, le dos et les épaules bien rapées et surtout, vous avez frôlé une fracture du bassin. Votre hanche s'est également déboitée au moment du choc mais en atterrissant, avec la violence de l'impact au sol, elle s'est presque remise en place toute seule. C'est pour ça que vous ne portez pas une couche en plâtre. »

« Ah...Dites, on est quel jour ? »

« On est mardi matin ma chérie ! »

« Oh non. »

« Quoi ? Vous aviez quelque chose d'important ? »

« J'ai manqué deux jours de travail. »

L'infirmière eu une mine effarée avant de rire et de remettre une mèche de cheveux de Seena derrière son oreille dans un geste maternel.

« Oh ne vous en faites pas. On a trouvé quelques numéros dans votre téléphone dont celui de l'école où vous travaillez. Votre absence a été signalée. En revanche nous n'avons trouvé aucun numéro de proche... Vous n'en avez pas ? »

« Si mais tout est dans un calepin chez moi. Je retiens les numéros importants et le reste je le garde à la maison. Pourquoi y a-t-il des fleurs si vous n'avez appelé personne ? »

La jeune blessée désigna du regard sa table de chevet sur laquelle se trouvait un beau bouquet et une carte qu'elle ne pouvait pas lire. Elle ne voyait pas qui aurait pu lui faire déposer ça.

« Oh ça ! C'est le chauffeur du bus qui vous les offre. Il est venu prendre de vos nouvelles hier et il a déposé ça pour vous encourager à vous remettre. Vous voulez que je vous lise la carte ? »

« Ne vous en faites pas, je le ferai moi même un peu plus tard. Merci pour tout. »

« Mais de rien...Au fait, dans votre téléphone nous n'avons trouvé que des numéros professionnel mis à part trois ou quatre. Deux étaient périmé et le troisième n'a pas répondu mais le dernier a décroché. C'était celui d'un certain Van Lagen je crois... »

« Van Hallagen. Vous parlez de Zero Van Hallagen pas vrai ? »

« Oui voilà ! Nous lui avons expliqué votre situation en lui demandant de passer vous voir. Ce n'est pas bon d'être seul sans visite vous savez. »

« Vous n'auriez pas dû. C'est un collègue de travail, il ne devrait pas se déranger pour moi. »

« Oh...c'est vrai qu'il n'avait pas grand chose à dire au téléphone. Mais je ne peux quand même pas l'appeler pour lui dire de ne pas venir ! »

Seena ne répondit que par un faible sourire. Elle n'avait plus son mot à dire, ce qui était fait était fait. Surement que Zero ne se déplacerait pas pour elle, ça lui éviterait de se déranger après tout. Elle ne crachait jamais sur de la compagnie mais elle ne se faisait pas d'illusions : pourquoi viendrait-il la voir ? Il avait un travail à assumer et elle n'était pas une de ses proches et inversement. Elle avait le numéro de ses parents quelque part dans un coin de sa tête mais elle ne s'en souvenait plus pour le moment. Plus tard. Elle pouvait se débrouiller seule après tout. Mais au fait, pourquoi avait-elle le numéro de Zero ? Mmmh...Ah oui, c'était surement cette après-midi là où elle avait réussi à le faire sortir. Elle lui avait proposé de l'appeler pour lui dire quand descendre pour prendre le taxi. Il lui avait cédé son numéro à cette occasion et comme elle ne le connaissait pas encore par cœur, elle l'avait noté dans son portable. Mystère éclairci. On lui proposa à manger et à boire, ce qu'elle accepta car elle mourrait de faim. On lui débrancha la perfusion et après avoir lu un magasine inintéressant, elle replongea dans le sommeil. La journée passa sans qu'elle s'en rende compte. Elle ne rêva pas. Mais une sensation différente perturba son sommeil et elle ouvrit de nouveau les yeux. Il était déjà plus tard dans la journée. Surement en fin d'après-midi. Cette sensation étrange c'était celle d'être observée. Elle tourna la tête et croisa un regard bleu. Naturellement un sourire s'épanouit sur son visage. Elle connaissait la personne à ses côtés : Zero Van Hallagen, professeur invisible de Iesfira.

« Bonjour professeur. Je suis désolée de vous déranger, je ne pensais pas qu'on vous appellerait pour venir me dorloter. »

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Zero Van Hallagen
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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Mer 22 Fév - 3:35

Il ne lui avait pas même dit au revoir, quelle impolitesse envers cette très gentille femme qui l’informait d’une terrible nouvelle. Et d’ailleurs, à part préciser qu’il était bien Zero Van Hallagen, il n’avait pas dit grand-chose d’autre, laissant sa respiration devenir plus bruyante, saccadée et précipitée. Regardant le sol et ayant la soudaine envie de ne plus assister ses cours et de rentrer chez lui. Dans le noir, pour réfléchir. « Monsieur ? » avait-elle dit pour s’assurer qu’il était toujours à l’autre bout du fil. « Hum » avait-il bougonné en guise de réponse, n’arrivant pas à articuler le moindre mot. Ce n’était pas si grave, avait-elle dit. Elle s’en sortirait bien, avait-elle ajouté. Vous pouvez venir la voir, avait-elle précisé. Il en avait envie, mais il était effrayé aussi. Et s’il n’avait pas le droit, et si elle ne le souhaitait pas ?

Si elle n’avait pas envie de le voir ?
Mademoiselle Seena. Il s’inquiétait pour elle mais, poussant un léger soupire, ouvrit la porte et commença son dernier cours de la journée. Il ferait comme si de rien n’était ; il se sentait un peu creux, un peu vide.

L’heure passa lentement et quand, la sonnerie ayant retenti, les élèves quittèrent hâtivement la pièce en le laissant seul, silencieux et songeur, il ne bougea pas d'un millimètre. Il essuya le tableau d’une façon nonchalante, sans même s’en apercevoir, passant un long moment à ranger ses affaires, les défaire, les refaire, les observer, les ranger. La tête vide, les pensées un peu lentes : il avait envie d’aller lui rendre visite, mais il se dit qu’il était trop tard pour cela. Il prit son sac, ferma la porte à clé – passa devant l’infirmerie – et rentra chez lui. Il irait le lendemain.
Il n’y alla pas le lendemain non plus.

Cela faisait trois jours et il se promit d’y aller dans la journée, n’ayant pas cours. Pas le matin, elle dormirait. Pas le midi, il la dérangerait. Pas en début d’après-midi… mais pourquoi ? La journée avançait et il était encore là, assis en salle des professeurs, à regarder la porte en se persuadant qu’elle finirait par y entrer. Il avait envie de la voir souriante, joyeuse, il souhaitait encore qu’elle lui demande comment s’était passé sa journée, qu’elle l’écoute les rares fois où il parlait, qu’elle le regarde dans les yeux comme s’il était le seul à exister. Mademoiselle Seena lui manquait, mais son cœur se nouait à chaque fois qu’il se disait qu’il était temps de partir. Et si, et si. Il avait peur de la voir blessée, peur de ne pas la voir sourire.
Et si, et si.

Il mit sa veste et prit le chemin de l’hôpital, se persuadant que ce ne serait pas si grave : ne songeant pas au fait qu’elle aimerait avoir un ami à ses côtés, n’arrivant pas à se persuader lui-même qu’il puisse en être un, n’imaginant pas qu’il soit plus non plus. Restant dans un coma profond – douce ironie – jusqu’à ce qu’il soit amené à sa chambre, se demandant alors quelle force divine avait réussi à l’emmener jusque-là.

    « Elle dort, vous voulez peut-être repasser plus tard ? »

Il tourna les yeux vers l'infirmière mais aucun son ne sortit de sa gorge.

    « Monsieur ? »

Silence. Elle releva un sourcil.

    « Ça ira, merci. »

Il pourrait presque passer pour un malpoli. Il avait encore plus de mal à parler que d’ordinaire. Baissant les yeux vers le sol, il attendit que la porte se ferme pour les relever vers le lit de sa collègue, celui qu’il n’avait pas encore bien regardé en arrivant ici. Quand il osa enfin lever les yeux vers elle, il fut parcouru d’un frisson désagréable. Les bandages, les tubes, les appareils respiratoires, les bruits répétitifs de ses battements cardiaques et la blancheur immaculée de la pièce qui rendait son visage encore plus pâle. Il n’avait plus le sentiment de la reconnaître sans son sourire et sa candeur habituelle. Et toute cette souffrance qu’elle devait avoir dans le corps le repoussait presque physiquement, il ne fallait pas qu’il la touche : les conséquences pourraient être affreuses.

S’asseyant sur un petit siège, il posa ses mains sur son lit, fixant ses draps et ce pendant de longues et intenses minutes, à attendre.

    « Bonjour professeur. Je suis désolée de vous déranger, je ne pensais pas qu'on vous appellerait pour venir me dorloter. »

Les yeux écarquillés, il releva doucement la tête vers elle, ne s’étant absolument pas aperçu qu’elle venait de se réveiller. Il avait les yeux brillants.

    « Mademoiselle Seena. »

Un sourire incontrôlable s’épanouit sur ses lèvres.
Il baissa les yeux à nouveau.

    « Je me suis inquiété. »

Et finalement, il se sentait déjà mieux.
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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Ven 24 Fév - 7:26

La jeune femme ne s'attendait pas du tout à la venue de son collègue. Elle ne pensait pas qu'il répondrait à l'appel des infirmières après tout il n'avait rien à voir avec sa famille. Et si elle le voyait comme un ami, peut-être n'était-ce pas son cas à lui ? Quoi qu'il en soit, elle était heureuse d'avoir de la visite et surtout d'avoir sa visite. C'était exactement ce qu'il lui fallait pour retrouver le sourire.

« Je suis désolée si vous vous êtes fais du soucis pour moi, je ne voulais pas vous déranger. Mais regardez, tout va bien. Dans deux jours ils me laissent sortir pour me soigner chez moi, je vais enfin pouvoir retrouver ma maison. C'est que ça ne va pas si mal pas vrai ? »

Elle lui adressa un sourire radieux. La douleur qui ne la quittait jamais vraiment depuis son réveil s'était envolée, elle n'y pensait plus du tout. Elle était réellement heureuse de le voir, de retrouver son regard bleu et incertain, ses sourires timides et ses mèches blondes derrière lesquelles il avait toujours l'air de vouloir se cacher.

« Je suis très contente que vous soyez venu me voir. Je n'ai reçu aucune visite pour l'instant, personne n'est au courant mis à part l'administration de l'école. Je vais devoir passer des appels une fois rentrée. »

Seena eu un petit rire en s'imaginant avec ses côtes en miettes dans son fauteuil à essayer de calmer sa mère. Elle devrait lui expliquer que tout allait bien et la convaincre de rester en France plutôt que de venir la pouponner. Après tout, elle était médecin, elle pouvait s'occuper d'elle toute seule comme une grande. Mais une mère reste une mère alors surement qu'elle devrait céder à un marché du genre deux appels par jour et obligation de décrocher. Ca serait surement un bon deal. Elle voulait rentrer chez elle, elle n'aimait pas trainer ici à ne rien faire. Elle pouvait tout aussi bien dormir chez elle et en plus elle aurait la télé.
Portant une main à son visage, elle retira le tube d'oxygène et avec quelques grognements d'efforts, elle se redressa pour être un peu plus assise. Elle ne voulait pas avoir l'air non plus d'un gros légume. La présence de Zero lui rappelait alors qu'elle devait avoir une sale tête, les cheveux en pétard et le teint affreux. Elle serait bien passée à la douche puis à la séance maquillage avant qu'il n'arrive mais elle avait des circonstances atténuantes pour expliquer son allure.

« J'espère que mon absence ne se fait pas trop sentir à l'école, je sais que j'ai une remplaçante pour des cas pareils mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir un peu coupable d'abandonner tout le monde comme ça sans avoir prévenu. Heureusement ce n'est pas une période de maladie en ce moment. »

Elle papotait pour ne rien dire. Mais c'était toujours un peu comme ça avait Zero: elle se mettait à parler de tout et de rien en espérant ne pas l'ennuyer et il hochait de temps en temps la tête avec un petit sourire. Et quand il devait répondre, il répondait. Mais elle faisait le principale de la conversation. Ca ne la dérangeait pas, elle aimait ça et puis, il parlait un peu plus facilement qu'au début. La preuve, il lui avait dit d'emblée qu'il s'était inquiété alors qu'a leur première rencontre elle devrait presque jouer aux devinettes pour savoir ce qu'il pensait. Une avancée certes modeste mais qui lui réchauffait le coeur de façon inexplicable.

« Dites moi, vos cours se passent bien ? Cela fait un moment que nous ne sommes pas sortis, pas vrai ? Deux ou trois semaines je crois. C'est étrange mais ça me manque. J'ai bien aimé nos dernières promenades. Quand je pourrai de nouveau marcher normalement je vous inviterai pour en faire une autre. En dehors de Londres cette fois. Qu'en pensez-vous ? »

Sa présence lui rendait toute son énergie. Elle s'était sentie groggy jusque là, la tête ailleurs et le corps en bouillie. Mais là, elle retrouvait son envie de bouger, de faire des choses, de sortir et d'arrêter de se plaindre et d'attendre. Elle voulait aller se promener en forêt, trouver des glands pour les faire pousser dans un pot comme quand elle était enfant, regarder Zero qui ne porterait surement pas d'écharpe malgré le temps froid et glisser sa main dans la sienne... Voila, elle repartait dans ses rêves troublants. La faute aux médicaments certainement.

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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Ven 24 Fév - 10:14

L’écouter parler était d’un réconfort inexplicable et inavouable à la fois. Si bien qu’il ne comprit pas un traitre mot de qu’elle venait de lui dire. Il se contentait de la scruter, fixant les légères cernes de ses yeux, son teint un peu pâle et ses lèvres un peu roses. Ses cheveux non coiffés et le sourire immense qui illuminait son visage, cachant derrière cela toutes les peines et les maux, comme si de rien n’était, devenant soudainement réellement rassurante sur son état. Malgré la blancheur de la pièce qui dégageait une odeur de stérilisation et d’aspirine, sa présence y apportait une autre lumière : plus nuancée, moins parfaite et immaculée. Mais tellement plus belle.
Oh, lui il trouvait mademoiselle Seena très jolie, toujours.

Se redressant légèrement, il se décida à se concentrer un peu plus et l’écouter d’une oreille attentive et amicale, essayant lui-même de l’être. Hochant la tête, lâchant ce qui ressemblait à un rire – ou à quelqu’un qui s’étouffait dans son exclamation un peu trop soudaine, disant « oui » par moment ou lui offrant un maigre sourire, pas bien significatif, sincère tout de même. Zero il ne pouvait rien donner de mieux que cette présence fantomatique, inutile et bien peu intéressante. Il ne pouvait rien être de plus qu’un collègue de travail. Du moins il n’osait pas se dire qu’il pourrait l’être. Plus.
Plus grand, plus beau, plus intéressant, un peu plus pour mademoiselle Seena.

Il baissa les yeux à cette pensée, se demandant ce qui lui prenait de songer à de telles choses. Irréalistes et fantasques, certainement.
Sans aucun doute, même.

    « Dites-moi, vos cours se passent bien ? »

Cette fois-ci il ne prit pas la peine d’hocher la tête.
La question lui passa au-dessus de la tête.

    « Cela fait un moment que nous ne sommes pas sortis, pas vrai ? Deux ou trois semaines je crois. C'est étrange mais ça me manque. J'ai bien aimé nos dernières promenades. Quand je pourrai de nouveau marcher normalement je vous inviterai pour en faire une autre. En dehors de Londres cette fois. Qu'en pensez-vous ? »

Il leva les yeux vers elle, gardant le dos courbé comme à son habitude.

    « Moi aussi ça m’a manqué, mademoiselle Seena. J'adorerais me balader encore avec toi. »

Comme il avait été seul ces dernière semaines ; et pour la première fois il s’en rendait compte.
Zero avait toujours vécu de cette façon-là, dans la routine, dans le vide de sens et de réflexion véritable, suivant le mouvement et la vie sans jamais chercher à s’en détacher. Ayant des connaissances, ne se faisant pas d’amis ni d’ennemis. Il avait pris cette habitude malsaine de ne jamais sortir, avec personne. Cette habitude de rentrer chez lui seul, de vivre seul, d’aimer seul et à sens unique. Cette habitude de n’être rien, d'aller jusqu’à oublier qu’il n’était rien.
Zero avait oublié comme sa vie était pathétique, mais mademoiselle Seena lui en avait donnée des couleurs, une profondeur, une raison d’aller au dehors et de se promener. En son absence il avait retrouvé cette pâleur et cet ennui habituel.

Il voulait à nouveau qu’elle s’incruste dans sa vie. Qu’elle y reste.

Il réfléchissait, perdu dans ses pensées. L’air vague, les yeux vides, il commença à remettre les cheveux de mademoiselle Seena derrière son épaule, sans la toucher directement, juste sa main qu’il laissait glisser entre ses mèches.
Il regardait dans le vide.

    « Si tu es d'accord, je pourrai venir te chercher quand tu sortiras de l’hôpital. »

Il avait légèrement bafouillé, retirant vivement sa main – et gardant un visage impassible tout de même – il la regarda dans les yeux.

    « Sauf si tu t’es déjà arrangée bien sûr… »

Toujours en bafouillant.
On lui pardonnera, il avait une drôle de mine. Il semblait un peu perdu. – et banalement il pataugeait complètement entre ce qu’il voulait dire et ce qu’il avait fait, inconsciemment.
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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Dim 26 Fév - 4:35

Seena le laissa faire avec un sourire flottant sur le visage. Elle se sentait comme quand elle était petite et que sa mère venait s'occuper d'elle quand elle était trop faible. Zero remettait consciencieusement ses cheveux en place sans toute fois la toucher. La jeune femme avait déduit qu'il utilisait son pouvoir par le contact et elle pouvait comprendre qu'il ne souhaite pas la toucher. Il lui avait fait comprendre qu'il ne maîtrisait pas et elle ne voulait en aucun cas lui faire subir sa douleur. Surtout que elle, elle avait les anti-douleur mais lui il risquait de se prendre sa souffrance en pleine figure sans rien pour l'atténuer. Ou alors de faire redoubler sa douleur a elle et elle n'y tenait pas vraiment. Alors elle se tenait sage et ne bougeait pas. D'un autre côté, ça lui était pénible de gigoter alors elle évitait, même quand elle était seule.

« Si tu es d'accord, je pourrai venir te chercher quand tu sortiras de l’hôpital. »

Il se retira comme s'il prenait conscience de son geste tendre pouvait être plus qu'amical. Seena ne lui aurait pourtant fait aucune remarque quand à ça. Sa proposition fit sourire la jeune femme et son coeur fit un saut. D'ailleurs, elle en eu la preuve sur la machine derrière Zero qui émit un "bip" un peu plus rythmé. Elle n'aurait pas osé lui demander elle même mais qu'il le fasse de son propre gré c'était comme de voir un souhait inavouer se réaliser. Etpour des raisons plus bassement pratique, ça l'arrangeait aussi.

« Sauf si tu t’es déjà arrangée bien sûr… »

Seen' secoua la tête pour répondre. Elle n'avait personne à Londres pour lui venir en aide et rentrer avec en taxi puis se trainer chez soi ne l'enchantait pas vraiment. Mais repartir en compagnie de Zero et l'avoir à ses côtés pour s’installer, ça c'était une proposition beaucoup plus séduisante.

« Non, je n'ai personne qui viens. Je comptais appeler un taxi pour me ramener chez moi. Ça serai vraiment gentil de venir, ça rendrait les choses plus simples. Et je me sentirais plus en sécurité avec toi. »

Parce que sortir de l’hôpital seule pour retourner dans un quartier un peu glauque, bof bof. Elle était prête à se montrer vaillante pourtant. Mais de savoir qu'elle aurait Zero à ses côtés l'apaisait. Elle ne voyait pas de raison de le lui caché d'autant qu'elle savait maintenant qu'elle aimerait le voir comme plus qu'un simple ami. A quoi bon fermer les yeux sur le plaisir qu'elle avait à être en sa compagnie ? Ce n'était pas innocent alors inutile de faire comme si ça l'était.

« Je n'avais pas grand chose sur moi quand on m'a retrouvé alors je n'aurai pas beaucoup à porter. Par contre, je vais avoir besoin de vêtements pour sortir, ceux que je portais sont en lambeaux. Je peux te demander une faveur ? Je vais appeler l'infirmière et elle te donnera les clés de chez moi. Il faudrait que tu me ramènes quelques habits en prévision de ma sortie. »

Seen' lui fit un joli sourire. Elle se voyait mal sortir les fesses à l'air avec tous ses bandages. Elle était bonne pour se racheter un manteau et un jean puisque qu'elle en avait perdu dans l'accident. Bah, quelle femme se plaindrait de devoir faire les boutiques ?
Voyant une mèche blonde de trop se mettre devant les yeux bleus du professeur, Seena leva une main pour la remettre en place. Elle avait le poignet et tout l'avant-bras entouré d'un bandage car comme le lui avait dit l'infirmière, elle s'était protégée avec lors de sa chute. La jeune femme n'osait pas imaginer à quoi ça pouvait ressembler en dessous. Elle glissa la mèche entre deux doigts et l'écarta sans toucher la peau de Zero comme il l'avait fait précédemment. Elle voulait voir ses yeux, elle aimait ça. C'était un petit plaisir tout bête et facile à obtenir.

« Tu verras, ce n'est pas dur de s'orienter chez moi: tu montes les escaliers, tu traverses le salon cuisine et au bout du couloir, à gauche, c'est ma chambre. Je te laisse farfouiller, tu devrai trouver facilement un t-shirt et jean. »

Au moment où son bras retournait se poser sur le matelas, le bruit de pas d'une infirmière se fit entendre et une femme en blouse arriva devant eux. Elle annonça avec un sourire contrit que les visites se terminaient pour la journée. Seena hocha la tête et lui demanda si c'était possible de lui apporter ses clés pour qu'elle les remette à son visiteur. L'infirmière s’exécuta et revint en une minute avec un trousseau de quelques clés. Un gri-gri avec des rubans et un petit pendentif en chat décorait le tout. La jeune femme désigna une clé en métal rouge à Zero: c'était celle de sa maison, tout le reste était ouvert, il n'aurait aucune difficulté. Comme l'infirmière s'impatientait un peu, Seena lui demanda 2 min pour terminer de mettre au point sa sortie. La femme en blouse blanche hocha la tête et les laissa seuls. Une fois cela fait, Seena reporta son attention sur son collègue.

« Merci d'être venu, ça me fait plaisir de te voir. Depuis que tu es à mes côtés, je ne sens plus la douleur. Ton pouvoir marche peut-être mieux que tu ne le penses. »

La jeune femme lui fit un clin d'oeil accompagné d'un sourire.

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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Lun 27 Fév - 7:32

    « Non, je n'ai personne qui viens. Je comptais appeler un taxi pour me ramener chez moi. Ça serait vraiment gentil de venir, ça rendrait les choses plus simples. Et je me sentirais plus en sécurité avec toi. »

C’était la réponse qu’il attendait.
Ça sonnait joliment à ses oreilles, sa voix lui soulevait le cœur, il eut un sourire incontrôlable qui transcendait son visage, lui fermant un peu les yeux et lui relevant un peu la tête. Il était content comme il n’avait que peu d’occasions de l’être. Il ne réfléchissait plus vraiment, tout à coup, et ce comme à chaque fois. La tête vide, incapable de faire quoi que ce soit d’autre à part se redresser légèrement, pour la regarder un peu mieux, dans le blanc des yeux. Cette fois-ci il ne se remit pas en question : il ne se dit pas, dans un murmure intérieur, qu’il ne serait pas d’une excellente compagnie, que malgré ses propos il n’avait jamais été capable d’être sécurisant pour quelqu’un. Sa présence était calme, et peut-être qu’à ses yeux elle était douce. Pourquoi pas ?
Ses yeux, à mademoiselle Seena, ils étaient très jolis.

Il eut un moment d’absence lorsqu’elle lui demanda d’aller chercher des vêtements.
A lui ? Comment ? Il n’allait tout de même pas s’introduire dans une maison qui n’était pas la sienne, fouiller dans les affaires d’une jeune femme, et encore moins devoir lui choisir des vêtements. Il n’avait jamais fait ça, lui. Il ne pouvait pas faire ça, lui. Il ne savait pas, il n’y arriverait pas : c’était une action qui, bien qu’anodine pour tout le monde, ne l’était pas pour lui ; ce grand timide un peu paumé. Ça lui demandait trop d’effort, c’était trop soudain et si étrange. Il n’avait pas la moindre idée de quoi faire et encore moins de quoi répondre. Son cœur se tordait au rythme de sa respiration, le regard dirigé vers le lit, ayant oublié durant un quart de seconde que mademoiselle Seena était là et attendait un signe de vie.

Quand elle releva sa mèche de cheveux, son cœur manqua un battement, ayant une soudaine légère douleur au niveau de celui-ci : probablement parce que ses pulsations cardiaques n’étaient pas habituées à de tels caprices. Il leva les yeux vers elle, silencieux, le visage impassible où ne figurait qu’une expression vide de sens, ayant toujours l’air de n’être qu’un enfant perdu au milieu de la foule. Zero devait bien chercher quelqu’un, quelque part. Peut-être qu’il avait cette personne sous les yeux.
Il eut un léger coup de chaud.

    « Tu verras, ce n'est pas dur de s'orienter chez moi: tu montes les escaliers, tu traverses le salon cuisine et au bout du couloir, à gauche, c'est ma chambre. Je te laisse farfouiller, tu devrais trouver facilement un t-shirt et jean. »

Il inclina légèrement la tête avec un maigre sourire : le seul moyen qu’il avait trouvé pour dire « oui » ; il avait la gorge un peu serrée et il n’avait plus la force intérieure de se plaindre de quoi que ce soit. Aller dans une maison qu’il ne connaissait pas, la demeure d’une demoiselle dans un quartier mal assuré, aucun problème. Il ferait avec, du moins il n’avait pas le choix.
Une infirmière arriva, mettant fin à leur petite entrevue – qui lui sembla bien maigre – alors qu’elle permettait à mademoiselle Seena de lui remettre les clés de chez elle. Il la regardait, un peu incrédule de la rapidité des évènements qui s’amoncelaient sous ses yeux. L’infirmière les laissa seuls une petite minute.

    « Merci d'être venu, ça me fait plaisir de te voir. Depuis que tu es à mes côtés, je ne sens plus la douleur. Ton pouvoir marche peut-être mieux que tu ne le penses. »

Elle lui fit un clin d’œil.
Il prit quelques secondes avant d’articuler une phrase.

    « J’aimerais bien que ce soit le cas, mademoiselle Seena. »

Il échappa un sourire timide. Se levant il prit sa veste et reprit une respiration normale.
Une fois à la porte, il s’arrêta, la main sur la poignée.

    « Repose-toi bien. Je reviendrai dans deux jours, alors. »

C’était sa façon à lui de lui dire au revoir.
Il reviendrait : peut-être même qu’elle l’attendrait.
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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Lun 27 Fév - 12:22

Elle le regarda se lever et aller jusqu'à la porte. Il venait de rendre la fin de son séjour beaucoup moins pénible. Elle lui adressa un dernier sourire avant qu'il ne ferme la porte. Son départ laissa un vide soudain. Lui qui ne prenait pas de place, qui restait invisible dans son coin, sans bruit et sans mouvement, voila qu'il prenait beaucoup de place dans sa vie, à ses yeux, quand il était dans la même pièce qu'elle. Elle regarda un moment la porte avant de se caler correctement contre son oreiller. Retour à l'ennui. On lui apporta son diner et elle replongea dans le sommeil. Les deux jours suivants furent d'un ennui sans nom. Elle regardait vaguement les magazines qu'on lui proposait et attendait que sa convalescence se termine.
Elle attendait aussi Zero. Son direct mais néanmoins serviable collègue qui lui avait proposé de venir la chercher à la sortie de l'hopital, à qui elle avait même confié les clés de chez elle. Seen' espérait qu'il reviendrait peut-être entre temps même si elle ne s'y attendait pas en raison de son au revoir plutôt clair à ce sujet. Mais rêver n'est pas interdit après tout, pas vrai ? Surtout quand on a beaucoup de temps à tuer.

Enfin le jour de la libération arriva. Elle attendit toute l'après-midi dans son lit, plus réveillée que jamais. Elle avait bien meilleure mine depuis sa première visite et on lui avait prêté quelques affaires pour sa toilette. Elle n'avait plus qu'à sauter des ses habits et rentrer chez elle. Ou plutôt, à se glisser lentement dans ses habits parce qu'elle avait toujours les côtes en morceau. Une chance que ses jambes n'aient rien, elle pourrait se déplacer bien plus facilement chez elle. Quand la fin d'après-midi arriva, une infirmière vint la voir avec quelques vêtements dans les bras et un sourire. Elle l'informa qu'un homme venait d'arriver avec les dit vêtements et qu'il attendait dans le hall. Seena ne put retenir un sourire un peu niais: il était venu finalement et lui avait même ramené des habits. Bien sur, il lui avait promis et pouvait difficilement se rétracter après la proposition et son accord mais tout de même, elle était heureuse. Elle eu l'autorisation de se lever pour se changer. Un jean tout simple et un t-shirt blanc tout bête décoré de motifs violets. Elle l'aimait bien ce t-shirt, il avait bien choisit. Surement sans le vouloir. Et il était même tombé sur une veste puisqu'elle avait une veste courte avec une chaude doublure pour se couvrir. Un ange cet homme. On lui avait gardé de côté les rubans qui retenaient ses cheveux ainsi que les clochettes qu'elle mettait quand elle ne travaillait pas. Elle concevait que leur bruit pouvait agacer certaines personnes à l'infirmerie mais elle, elle l'aimait alors en dehors elle en accrochait toujours à ses rubans. D'une main experte mais cependant ralentie à cause des bandages, elle noua les liens blancs dans ses cheveux après un rapide coup de brosse. Avec un sourire satisfait et un tintement de clochette elle se leva pour sortir de la chambre.
Clopin-clopant, elle se fit aider de l'infirmière pour rejoindre le hall. Les anti-douleurs lui permettaient de ne rien sentir et de dormir paisiblement la nuit si bien qu'elle avait presque l'impression d'être en pleine forme. On lui recommanda cependant d'éviter de trop bouger et de rester allongée si possible. Elle promit à l'infirmière de se tenir bien sage.

« Il est gentil votre fiancé. Un peu discret peut-être mais attentionné. »

« Oh ce n'est pas mon fiancé, c'est un collègue de l'école où je travaille, il est professeur là-bas. Et c'est un ami. »

« Ah oui ? Pourtant vous avez l'air très heureuse depuis que vous savez qu'il est là. Et on m'a dit que quand il est venu la dernière fois c'était pareil. Comme une fleur qui s'ouvre au soleil. »

« Vous trouvez ? Peut-être...C'est quelqu'un de très gentil même s'il est effacé. »

« Effacé, c'est le mot. »

Seena ne pouvait pas lui en vouloir. Cette infirmière devait avoir à peu près le même âge qu'elle et elle s'était occupée d'elle ces deux derniers jours alors elles avaient sympathisé et la médecin avait comprit que cette jeune employée parlait très franchement et comme si elles se connaissaient depuis longtemps. C'était son caractère. Et puis cette attitude un peu méprisante envers Zero, ce n'était pas nouveau. Ça la révoltait toujours un peu, elle avait toujours envie de se fâcher et de dire quelque chose comme "Mais zut à la fin ! Comment pouvez-vous ignorer à ce point l'existence d'une personne ? Qu'est-ce qu'il vous a fait pour mériter d'être ignoré comme ça ?" Mais elle ne le faisait pas. Elle se détendait, respirait et laissait couler. Ça ne servait à rien de se mettre en colère pour ça. Alors elle esquissa un sourire et embraya sur un autre sujet.
Finalement elles arrivèrent dans le hall d'entrée. L'infirmière chercha du regard l'homme qu était venu récupérer sa patiente tandis que Seena le trouva tout de suite: il était assis dans un coin, à une chaise et personne ne faisait attention à lui, comme toujours. Elle l'observa un moment avec un demi sourire: il était mignon avec son air un peu perdu et si innocent. Cette même innocence qui l'empêcherait surement de voir qu'elle avait des ambitions autres qu'amicales pour lui. Tant pis, elle ferait avec. Du moment qu'elle s'entendait bien avec lui et qu'elle pouvait le voir, ça lui suffisait pour l'instant, l'avenir c'était pour plus tard. Lâchant le bras de l'infirmière, elle avança vers Zero jusqu'à ce qu'il la remarque.

« Je suis contente de te voir. Je t'ai attendu pendant deux jours, c'était interminable. Je vais signer deux ou trois papiers pour officialiser ma sortie et on y va dès que tu veux. »

Elle lui adressa un sourire pétillant de joie et se dirigea vers l'accueil. La jeune infirmière lui tendit quelques feuilles et un stylo. Seen' connaissait ces formalités administratives, elle avait fait plusieurs stage en hopital durant ses études. Elle remplit tous les papiers avant de les rendre en remerciant. Puis elle revint à Zero.

« Je suis prête à reprendre le cours de ma vie. »

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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Ven 2 Mar - 4:54

Vous savez comme le temps passe vite, parfois.
Zero il se retrouvait là, assis nullement sur cette chaise alors qu'il avait l'impression que la minute d'avant, il rentrait chez lui après avoir rencontré mademoiselle Seena à l'hôpital. Oh qu'il avait été pressé de la revoir, d'un enthousiasme plat et sans fantaisie, se disant simplement qu'il avait très très content. Pourtant ces quelques jours étaient passés si vite, et maintenant qu'il était là fixer ses mains depuis d'inlassables minutes, il se demandait pourquoi. Peut-être à cause de ce petit pincement qu'il avait au cœur en cet instant même, ce même petit pic qu'il avait eu dans la poitrine depuis qu'il était allé lui chercher des vêtements. Sans en comprendre vraiment la raison : la peur, peut-être, celle-là même qu'il ressentait sans arrêt quand son quotidien changeait pour ne plus revenir en arrière. Cette petite angoisse constante de l'inconnu, des gens, de la vie qui commençait : qui avançait. Considérer mademoiselle Seena comme une simple amie l'arrangeait grandement, ça ne le forçait pas à se poser les questions qui fâchent. En cela rien n'avait changé, il ne la considérait pas autrement : disons juste qu'il appréciait de plus en plus être avec elle, la voir, lui parler, se rassurer sur son état de santé. Il était de plus en plus joyeux quand il était certain de pouvoir être avec elle, et la ramener chez elle était à la fois source de petit pincement au cœur et de sourire qui venait sur ses lèvres, comme ça, sans qu'il ne s'en rende véritablement compte.

Il releva les yeux.

    « Je suis contente de te voir. Je t'ai attendu pendant deux jours, c'était interminable. Je vais signer deux ou trois papiers pour officialiser ma sortie et on y va dès que tu veux. »

Il esquissa un sourire, lui proposant de prendre ses quelques affaires. Il la regarda s'éloigner, à présent debout au milieu du hall à attendre qu'elle revienne, les yeux vers le sol.
Il avait l'air paumé.

    « Je suis prête à reprendre le cours de ma vie. »

Il ne savait pas franchement quoi répondre, le cerveau un peu abruti par deux nuits pas franchement remplies par le sommeil - et ce quand bien même en cet instant il se sentait plus réveillé que jamais.

    « J'espère que tu te sens mieux. »

Avec un léger sourire, sans vraiment attendre de réponse : elle avait une mine rayonnante et un joli sourire communicatif. Sans plus de débat que cela, il l'invita à l'extérieur de l'hôpital, écoutant sa jolie voix lui raconter quelques anecdotes, quelques questions auxquelles il répondait vaguement sans jamais préciser ni s'étendre. Une fois à sa voiture - inutile de préciser de quelle marque était ce bien vieux modèle, ce serait presque dégradant - il ouvrit la portière à mademoiselle Seena pour la faire entrer, posant ses affaires sur le siège arrière. Il monta derrière le volant, se sentant soudainement anxieux.
Dans un endroit un peu trop fermé, et ils étaient un peu trop seuls.

    « On sera chez toi dans pas très longtemps, tu pourras te reposer. »

Il jeta un regard vers elle, allumant le moteur et quittant le parking, se sentant un peu vague.
Un peu gêné, sans savoir pourquoi.
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MessageSujet: Re: "Mon petit oiseau où t'es tu blessé ?"   Jeu 15 Mar - 10:24

Seena avait toujours été admirative des personnes prenant le volant. Donc ça faisait beaucoup de monde en réalité. Elle même n'avait jamais voulu apprendre à conduire. Elle avait ses ailes pour se déplacer et la plupart du temps elle faisait les trajets soit à pied soit dans les transports en commun. C'était écologique dans un sens mais la vraie raison pour laquelle elle n'avait ni permis ni voiture c'était simplement qu'elle se sentait incapable de prendre le volant. Pourtant elle aimait les promenades en voiture, elle s'y endormait facilement et n'était pas claustrophobe mais devoir mettre les pieds sur des pédales et tenir dans ses mains un volant, ça la dérangeait, ce n'était pas naturel du tout. Quand certains sont nés pour nager ou d'autres pou conduire, elle c'était l'inverse, elle était née pour ne surtout jamais conduire. D'autant qu'avec son accident, elle avait une raison de plus de ne pas prendre le volant. Alors voir une personne se dévouer pour passer les vitesses et prendre les virages, la la rendait toujours admirative.
Elle garda un silence religieux pendant que Zero démarrait son vieux modèle. La jeune femme n'était pas experte en voitures et surtout, elle n'était pas difficile alors ça ne la dérangeait pas de voyager dans cet engin que d'autres auraient regardé d'un œil méprisant ou amusé. Un sourire serein flottait sur son visage et quand la voiture se mit à rouler, elle laissa sa tête reposer sur le siège. C'était étrange ce sentiment de bien-être. Le ronronnement un peu rauque du moteur et les lumières de la ville à la nuit tombée qui se reflétaient sur la vitre, la présence rassurante de Zero à ses côtés et son odeur qui se nichait dans chaque recoin de l'habitacle. Tout ça participait à son état d'heureuse tranquillité. Elle aurait aimé que le voyage soit plus long que simplement la traversée d'une ville. Tournant son regard brillant vers le conducteur, elle lui posa une de ces questions qui lui passaient par la tête:

« J'aime ta façon de conduire. C'est doux, fluide, ça me berce. Tu m'emmèneras un jour en voyage ? En voiture. Ca fait longtemps que je n'ai pas fais de voyage en voiture. Et si je devais en faire un, j'aimerai mieux que ça soit avec toi. »

Elle devait surement délirer un peu, les anti-douleurs délie aussi bien les nerfs que la langue. Mais elle ne s'en rendait pas vraiment compte ou plutôt si, elle s'en rendait compte mais ça ne la choquait pas. Elle avait cette pudeur qui l'empêchait de parler librement comme elle le voudrait à son collègue en temps normal et qui maintenant disparaissait sous l'effet de l'anesthésiant et c'était tant mieux quelque part. Si elle allait trop loin, elle pourrai prétexter un délire de fièvre. Et si c'était l'occasion pour elle de se laisser aller à dire ce qu'elle voulait ? A poser les questions à voix haute plutôt que dans sa tête ? C'était une bonne excuse les médicaments... Et au moins une fois elle aurait put dire ce qui de temps en temps la tracassait, ses sentiments si tumultueux qui la tiraillaient quand elle pensait à cet homme assis à ses côtés. Elle se rendait bien compte qu'elle posait sur lui un regard différent de s'il était simplement un ami. Elle était trop heureuse de le revoir et trop bien à ses côtés, elle attendait trop ces moments avec lui pour que ce ne soit qu'une amitié. Mais une fois ce constat fait, qu'est-ce que c'était la suite ? Elle ne voyait aucun indice qui pourrait lui faire penser qu'il partageait son affection et elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise ou perdre sa confiance simplement en lui avouant tout de but en blanc. En tout cas en temps normal. Dans la situation présente, c'était un peu différent.
Ils étaient arrêtés à un feux rouge, Seena ne reconnaissait pas les lieux. Entre le paysage nocturne et la route qui ne lui était pas familière, elle se fiait entièrement à son conducteur. Une autre aurait peut-être eut peur ou soupçonné un mauvais coup mais Seen' savait qu'elle était parfaitement en sécurité. Après tout, c'était Zero à ses côtés, pas un serial killer.

« C'est gentil de prendre soin de moi comme tu le fais. Je ne pensais pas pouvoir compter sur quelqu'un à Londres, mes parents sont en France et je n'ai pas de famille ici. C'est dommage que je ne puisse pas te toucher, je risque de te faire du mal pas vrai ? »

Elle approcha sa main de celle du jeune homme en douceur mais resta à distance. Elle n'avait pas le droit de lui infliger une quelconque douleur ou même risquer de lui en infliger une. Ce serait bien mal le remercier.

« J'aurais aimé te témoigner ma reconnaissance de façon un peu plus significative que par un simple "merci" passe partout. Et puis comme ça tu aurais peut-être aussi compris. »

La jeune femme ferma les yeux un instant. Ses paupières la piquaient, elle n'avait plus l'habitude des forts contrastes de lumière comme celui entre la nuit à l'extérieure et la lumière des lampadaires.

« Ca t'aurait aidé à comprendre pourquoi je te regarde tant, pas vrai ? Et pourquoi j'aime tant ta présence, ta voix et tes yeux. Je suis certaine que même toi tu aurais saisi qu'il y avait un peu plus... »

Si la jeune médecin avait espéré avoir un quelconque contrôle sur ses paroles, son espoir était désormais complètement hors d'atteinte.

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